Le phénomène Pokémon Go, un simple effet de mode ?

juillet 29, 2016 dans A la une, Jeux video par Davidson

Pokeballs

Combien de fois a-t-on pu assister à des phénomènes qui ont réussi à atteindre une taille planétaire mais qui se sont dégonflés aussi vite qu’ils ont montés ? Avec le monde mondialisé et la rapidité d’échange d’informations facilité par internet, le buzz est à porté de tous.

Pokémon Go, c’est un peu ça. On ne s’attendait pas un tel phénomène, et pourtant, il est là. Mais ce que l’on sait encore moins, c’est la durée de ce succès. Est-ce un phénomène qui va se perpétuer dans le temps ? Rien n’en est moins sûr.

Un succès prévisible :

Certes, qui pouvait prévoir que le titre de Niantic allait atteindre 100 millions d’installation en quelques semaines ? Qui pouvait prévoir, que Pokémon Go serait l’application la plus téléchargée devant Tinder, que l’on passerait plus de temps sur  Pokémon que sur messenger ou sur whats’app ?

Pas grand monde. En revanche un succès d’ampleur pouvait être anticipé.

Premièrement, Pokémon est une marque importante et qui a une visibilité forte dans le monde et particulièrement en France. Ce sentiment nostalgique fait toujours cet effet sur cette génération des fin années 90 et début des années 2000.

Pokémon a fait du chemin depuis les premières cartouches en 1996

Pokémon a fait du chemin depuis les premières cartouches en 1996

Mais cette génération, est passée à autre chose, elle a grandi, et maintenant, n’est plus les yeux rivés sur leur Game Boy, mais…. sur leur portable. Les réseaux sociaux et les applications ont pris la place des cartouches de consoles portables.  Et c’est là le coup de génie (certes, tardif) de Nintendo, d‘adapter sa licence phare sur les téléphones mobile, appareils qui n’attendaient que l’apparition des licences Nintendo pour pouvoir exploiter totalement leur potentiel.

Le deuxième bonne idée de Nintendo, est d’avoir laissé à une entreprise tierce (Niantic) la possibilité de développer de A à Z l’application. En effet, Nintendo est loin d’être expérimenté dans le monde du jeu mobile et, bien au contraire, ont tendance à adapter des stratégies obsolètes quand il s’agit d’internet (des achats in-app trop chers pour Pokémon Shuffle, une sécurisation excessive des échanges entre joueurs, les codes amis…). Quant à Niantic, c’est une ancienne start-up interne à Google, spécialisée dans les applications mobile de géolocalisation. Des compétences qui étaient nécessaires pour développer une application comme Pokémon Go.

 

Une déchéance possible :

Pokémon Go connaît un succès fulgurant, rapide, peut-être trop rapide. Ressemblant d’avantage à un effet de mode plutôt qu’à une application révolutionnaire, Pokémon Go s’affilierait d’avantage à un Flappy bird qu’à un Facebook. Même si ces comparaisons valent ce qu’elles valent (c’est à dire pas grand chose), il est intéressant de se rappeler que de nombreuses applications et start-up ont connus leur heure de gloire avant vivre une rapide déchéance.

 

Captiver les gens pendant des années n’est pas facile à faire et les effets de mode passent très vite.

Et il faut dire que certains aspects de Pokémon Go font craindre un phénomène éphémère :

C’est un jeu mobile, qui n’est pas très mobile. En effet, l’obligation d’utiliser sa connection internet et son GPS entraîne une sur-consommation de la batterie qui oblige chacun à s’équiper d’une batterie externe pour profiter pleinement de l’expérience. De plus, contrairement à un Candy Crush Saga, Pokémon Go ne permet pas d’utiliser son application dans les zones où il n’y a pas internet. Ce qui est bien problématique lorsque l’on sait que les applications mobiles sont souvent utilisées dans les transports.

La batterie externe, indispensable pour la chasse ! (source goboiano.com)

La batterie externe, indispensable pour la chasse ! (source goboiano.com)

– C’est un jeu basé principalement sur l’effet réseau. C’est grâce à l’effet de masse, par le mimétisme que les personnes téléchargent l’application. Intriguée par le succès et le buzz, les internautes peuvent vite se tourner vers une autre application, c’est le revers de la médaille de l’effet réseau.

– C’est un jeu qui peut être lassant, (en plus d’être moche).  Il n’y a pas d’objectif, pas d’histoire. On peut très vite tourner en rond à la recherche de nouveaux Pokémon et en cherchant toujours le plus haut niveau possible. Sérieusement, quelle est la finalité de ce jeu ? Si Niantic ne rajoute pas régulièrement de contenus et n’offre pas un intérêt au jeu, ils risquent de lasser les moins patients d’entre nous.

L’important, c’est de durer :

Le succès, Pokémon Go le connaît. Après, l’important c’est de faire perdurer ce succès sur le long terme.

Les chiffres délirants de Pokémon Go

Les chiffres délirants de Pokémon Go

Pour cela, on peut prévoir de nombreuses nouvelles features qui pourrait relancer et faire perdurer l’intérêt de chacun pour le jeu. Ce qui est sûr c’est que Pokémon Go a un potentiel énorme. En effet, on pourrait imaginer les combats entre dresseurs, les échanges de Pokémon et pourquoi pas des tournois et des events. L’aspect social peut aussi être renforcer en ajoutant des fonctionnalités comme l’ajout d’amis, le tchat.

Le plus important pour Pokémon Go est de se positionner sur un marché spécifique, de copier d’autres applications, jeux à succès.

Est-ce que Pokémon Go pourrait devenir le nouveau Candy Crush ? Il n’en n’est pas moins sûr. En effet, Candy Crush est plutôt un jeu qui ne nécessite pas de se consacrer pleinement au jeu. Il est possible d’y jouer 10 min pendant un simple trajet en métro. Ce n’est pas le cas de Pokémon Go,  qui est un jeu qui nécessite un investissement certain, si une personne ne joue plus au jeu, il ne rejouera pas forcément au jeu plus tard.

Est-ce que Pokémon ne pourrait-il pas être le nouveau League of Legend ? Il est intéressant de se tourner vers la scène e-sport. Que cela soit LoL, un Counter Strike, un Fifa ou un Street Fighter, le fait que cela soient des jeux compétitifs entraînent une certaine dépendance à ces jeux. Les amateurs de ces jeux reviennent régulièrement chaque année sur ce jeu lorsqu’une nouvelle extension sort ou lorsque les championnats se déroulent. Se placer en tant que jeu e-sport pourrait permettre à Pokémon Go de durer.

Mais Pokémon Go ne ressemble-t-il pas plutôt à un MMORPG ? Parce qu’il faut se déplacer, rencontrer d’autres joueurs et monter de niveau pour devenir le plus puissant, Pokémon Go ressemble d’avantage à un jeu massivement multijoueur qu’à une simple application mobile. Et si Pokémon Go révolutionnait le jeu mobile massivement multijoueur ? Le mobile n’a pas encore connu son phénomène WoW ou Second Life. Et si Pokémon Go le créait ?

Pour pouvoir durer, il faut pouvoir continuer à captiver les joueurs. Il est souvent bien plus simple de faire preuve de longévité en faisant participer le public plutôt qu’en ajoutant du content. On le remarque avec le succès des réseaux sociaux qui jouent d’avantage sur le user generated content pour pouvoir continuer à créer du contenu, à l’instar d’une machine auto-suffisante. Pokémon Go devrait jouer sur cet aspect, et faire participer cette grande communauté.

Parce que ce jeu ouvre les portes à une nouvelle approche du jeu mobile, beaucoup plus ancré dans la réalité, beaucoup plus sociale.