[Avis] 50 Shades of Grey , Christian, ce pervers narcissique

février 22, 2015 dans Critiques cinéma, Films & Séries par Davidson

réalisé par :
Sam Taylor-Johnson

Reviewed by:
Rating:
2
On 22 février 2015
Last modified:23 février 2015

Summary:

50 nuances de Grey est un film plaisant à regarder quand on le prend avec du recul. Le message délivré est à prendre avec des pincettes

Fifty affiche

Véritable phénomène de la ménagère américaine, Fifty Shades of Grey débarque au cinéma. Malgré un succès populaire et une grande attente, Cinquante de nuances de Grey amène son lot de critiques et de polémiques. Entre une mauvaise représentation du BDSM, et une personnalité dérangeante de Christian Grey, 50 shades est-il vraiment un mauvais film ?

Synopsis : Anastasia Steele (Dakota Johnson), jeune étudiante en lettres fait la rencontre de Christian Grey (Jamie Dornan), jeune chef d’entreprise milliardaire célibataire. Le coup de  foudre est réciproque mais leur idéal n’est pas le même. Anastasia semble romantique, Christian, lui a des goûts singuliers…

Une réalisation correcte, un scénario faiblard

Pour faire rapidement le tour sur le film, la réalisation est correcte mais abuse clairement de certains procédés qui en deviennent grotesques, je prend pour exemple les moments où Anastacia se mordille les lèvres ou s’amuse à rêvasser en mettant son crayon Grey dans sa bouche… L’abus de métaphores qui arrivent à gros sabots empêchent une simplicité qui aurait été bienvenue. A cause de cela, on prend le  film au second degré, ce qui nous empêche de rentrer dedans. Très vite, Fifty devient un téléfilm basique avec des personnages caricaturaux et qui a la seule originalité de dépeindre une activité tabou dans le cinéma grand public.

Tu la sens la métaphore ?

Tu la sens la métaphore ?

Il n’empêche que le film a la qualité d’avoir un rythme soutenu, propose de belles images, est agrémenté de quelques teintes d’humour et accompagné d’une bande originale agréable grâce à ces nombreuses chansons pop.

Fifty Shades of Grey est donc un film au scénario flaibard mais qui se regarde si on ne le prend pas au sérieux et si l’on prend du recul. Prendre du recul, voici ce qui n’est pas facile pour tout le monde. Et là vient la polémique sur Fifty Shades of Grey, car la relation entre Anastasia et Christian est loin d’être idéale et ne doit pas être prise en exemple.

Christian Grey, un manipulateur narcissique ?

D’après wikipédia, le pervers narcissique, est tel un sociopathe agissant comme un prédateur allant jusqu’à détruire l’identité de sa « proie » par la manipulation mentale ou le harcèlement moral. Dans  le film, Christian Grey semble avoir des attitudes similaires.

Jamie Dornan et Dakota  Johnson

Jamie Dornan et Dakota Johnson

Il est prédateur, dans le fait qu’il observe, sait et agit comme tel dès sa première rencontre avec Anastasia. Elle est devenue sa proie, il la suit dans son lieu de travail, la trace jusqu’à savoir où elle va en soirée. Véritable stalker, il est prêt à tout pour assouvir son désir, il lui offre livres, voiture et autres cadeaux luxueux pour se l’offrir.

Il détruit l’identité de sa « proie » car Grey connaît la personnalité d’Anastacia, il sait qu’elle est manipulable et qu’elle a une vision romantique de l’amour. Il le sait parce qu’il lui dit au début qu’il n’est  pas fait pour elle. Mais soit par amour, soit par malice,  il fera tout pour faire d’Anastasia sa chose, sa soumise.

Pour atteindre son but, pour modifier la personnalité d’Anastasia, Grey va user de manipulation. D’abord, grâce au décryptage, Christian Grey est quelqu’un qui a une vraie intelligence du comportement. Il le dit au début, connaître les qualités, la personnalité des personnes, c’est ce qui fait sa qualité de chef  d’entreprise. Pendant tout le film, il n’aura de cesse de décrypter chaque geste, chaque mimique d’Anastasia comme un appel implicite à la sensualité. Parce que tu te mords les lèvres, cela veut forcément dire que tu me désires, même si tu ne le dis pas explicitement… La manipulation se joue aussi sur le système de récompense et de punition. Il va donc la récompenser par des balades en hélicoptère ou des cadeaux si elle se soumet au jeu, sinon c’est la punition.

Dernière  caractéristique, le harcèlement moral qui se traduit par des ordres incessants. Christian Grey ne demande pas, il ordonne. Pour son plaisir personnel, le contrôle doit être total. Elle ne peut pas manger, boire ce qu’elle veut, sinon, il intervient, même en présence de la mère d’Anastasia.

Tout porte à croire que Christian Grey est un pervers narcissique. Ce qui serait vu comme une tare est vue comme une qualité fantasmagorique. Cette histoire de manipulation est emballée dans un paquet cadeau remplie d’amour et d’envies. C’est en cela que le film fait la part belle à ce genre de relations qui semble tout sauf saines. Il faut donc prendre un certain recul face à ce film pour comprendre que ce genre de relation peut être davantage dangereuse que glamour.

Donc, un film à réserver à un public averti. Non à cause des quelques scènes de sexe qui ne sont pas bien hardcores, mais plutôt à cause de cette relation dérangeante.

50 nuances de Grey est un film plaisant à regarder quand on le prend avec du recul. Le message délivré est à prendre avec des pincettes