[Interview] Entretien avec Damian Szifron pour Les Nouveaux Sauvages

janvier 18, 2015 dans Films & Séries, Interviews par Davidson

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Pour la sortie des Nouveaux Sauvages en France, son réalisateur, Damian Szifron a accordé à certains blogueurs un entretien pour parler de son film. Le film ayant reçu un bon accueil des critiques, il était intéressant d’avoir le retour du réalisateur et scénariste du film. Direction du film, rencontre avec Pedro Almodovar, Damian Szifron nous raconte ça avec naturel et sourire.

Comment est né le film ?

En fait, le film est  plutôt un projet qui est arrivé comme ça. Je travaillais sur d’autres projets comme un western ou une comédie romantique. Cela a engendré du stress, qui m’a donné l’idée de faire ce film.J’ai découvert un nouvel outil qui me permettait de retranscrire toutes ses situations stressantes en ce matériau.

Comment s’est passé la rencontre avec Pedro Almodovar ?

Pedro et son frère sont allés voir mon précédent film, ce qui leur a plu. Les deux ont été intéressés par mon travail et nous avons commencé à travailler ensemble. C’était un véritable honneur de rencontrer ce grand réalisateur. Ce qui est bien avec Pedro Almodovar, c’est qu’il laisse une grande liberté aux réalisateurs.

Ce qui est bien avec Pedro Almodovar, c’est qu’il laisse une grande liberté aux réalisateurs.

Pourquoi avoir pris Ricardo Darin pour interprété un de vos personnages ? Est-ce une idée qui était venue depuis le début ?

Ricardo est peut-être l’acteur le plus connu en Argentine. Il est très talentueux et très intelligent. C’est une garantie de succès de choisir Ricardo. Les spectateurs ont confiance en lui.

Tous les acteurs qui ont participé au film sont connus en Argentine et ont généralement des premiers rôles dans les autres films. Quand je les ai contactés, ils ont tous été très enthousiastes pour le projet. C’était un peu comme dirigé une dream team. Mais certains choix de réalisation était drastiques parce que toutes les prises été bonnes avec eux !

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Comment diriger des personnes qui doivent jouer des personnes qui pètent un cable ?

Cela dépend du contexte, il faut se comporter différemment en fonction des comédiens. Chaque acteur est différent. D’autres sont précis et se limitent au texte et d’autres sont plus expressifs. Je veux que les comédiens jouent à leur façon, que cela soit eux qui, grâce à leur expérience apportent quelque chose aux personnages.

L’humour a t-il toujours été présent dans le script ?

Oui, j’ai beaucoup rit en écrivant l’histoire. Il n’y avait pas de pression sur ce film, il y avait donc une certaine liberté, un sentiment de libération. Oui, c’est un élément essentiel du film.

Comment-avez vous ressenti le bel accueil lors de la retransmission à Cannes ?

D’abord merci à tous pour cet accueil. C’est incroyable que ce type de film ait reçu un tel accueil, et voir les critiques qui applaudissaient entre les différentes histoires m’a fait plaisir.

J’ai l’impression qu’il n’y a pas de morale dans ce film. Pourquoi faire ce choix ?

Je ne suis pas sûr qu’il y ait une morale. Je n’avais pas envie de transmettre une idée fermée ou une morale. C’est une forme libre pour que chacun se retrouve dans chaque situation. L’idée directrice est de répondre à la question : qu’est-ce que je ferais dans cette situation ? Certains diront que c’est une représentation de la lutte des classes, d’autres c’est la stupidité humaine, d’autres malades se diront que ce sont des bonnes idées.

Je n’avais pas envie de transmettre une idée fermée ou une morale

Quel est votre histoire préférée ?

C’est l’histoire du père et du fils qui me touche le plus pour plusieurs raisons. Mais j’aime aussi les autres histoires. Ce n’est pas un album de musique où il y a 2-3 titres qui sortent du lot, ici j’ai crée 16-18 histoires mais je n’en est sélectionné que 6, seulement les meilleurs.

En fait, ce sont comme différents organes d’un même corps, il y a le cœur, le cerveau, tout est relié.

 

Entretien réalisé avec Place to be, Louisa Amara, Au Café des Loisirs.

Merci à Warner Bros et à Damian Szifron pour l’interview.