[Critique/Avis] Le vent se lève, Miyazaki nous livre une lente poésie

janvier 26, 2014 dans Critiques cinéma, Films & Séries par Davidson

Review of: Le vent se lève
réalisé par :
Hayao Miyazaki

Reviewed by:
Rating:
4
On 26 janvier 2014
Last modified:4 février 2014

Summary:

Le dernier chef d'oeuvre de Miyazaki. Intimiste et poétique.

Le vent se lève

Un vent qui souffle sur de larges prairies, des avions virevoltants dans les airs, une histoire d’amour intime et sincère. Voici ce qu’a voulu nous montrer Hayao Miyazaki dans son dernier long métrage. Dernier legs avant de partir vers une retraite supposée, mais méritée, Le vent se lève, se révèle être un film à part dans les oeuvres du maître japonais. Beaucoup plus sérieux et moins fantastique, le film ne perd pas pas non plus en poésie. Mais cette poésie est différente des précédentes, ce qui pourra en déstabiliser certains, et ravir d’autres.

Synopsis : Jiro Horikoshi est un jeune garçon passionné d’aviation. Cependant, sa myopie l’empêche d’être un pilote d’avion. Mais ses nombreux rêves vont le pousser à être ingénieur aéronautique en 1927. Il s’embarque donc dans une aventure incroyable où la construction d’avions sublimes et son histoire d’amour seront ponctuées de succès, d’échecs et de déceptions.

Partant d’une historie lourde : la construction des chasseurs et bombardiers pré-seconde guerre mondiale, Le vent se lève ne s’attarde pas sur ses constats lourds mais repose plutôt sur une poésie légère et assumée. Preuve de ce romantisme, le titre du film, Le vent se lève (Kaze Tachinu en version originale), tire son nom d’un vers du Cimetière Marin de Paul Valery : Le vent se lève… Il faut tenter de vivre !

Le film se vit comme une petite ballade dans le monde du Japon des années 30. Quand je parle de petite ballade, je parle plutôt d’une lente ballade. Pour pouvoir apprécier le film, il ne faut pas être un impatient ou un sanguin. Cette oeuvre de Miyazaki est lente voire même très lente. L’action est très peu présente. Il faut donc savoir se faire envoûter par la beauté d’un avion en plein vol ou par la belle musique tintée de violons. En effet, la musique fait partie intégrante de la beauté des films de Hayao Miyazaki, et Le vent de se lève ne déroge pas à la règle. C’est même grâce à celle ci et aussi grâce à la qualité de l’animation que l’on se sait dans un conte de Miyazaki.

Le vent se lève : soundtrack

Car, lorsque l’on regarde le film, on a du mal à voir la patte du maître d’un point de vue univers. Ici, point de fantastique, de bêtes féroces ou de Yokai, non, ici le monde est réaliste. Le réalisme est poussé au détail près. On le remarque surtout quand on voit les scènes qui parlent d’ingénierie aéronautique, les schémas sont précis, les tracés sont clairs. Ici, les seuls fois où on pourra s’évader de se monde réel, c’est lorsque Jiro rêve. Et heureusement, il rêvera souvent. Dans ses rêves, les lois de la physique n’ont plus d’emprise et on retrouve enfin le monde fantastique qui fait le charme des Miyazaki.

Mais se plaindre du film parce qu’il n’est pas assez fou serait ne pas faire justice au film. Il n’est pas fait pour nous transporter dans un monde merveilleux mais à nous montrer un monde réaliste, parfois très dur, mais rempli d’amitié et d’amour sincère. C’est cette force des sentiments qui nous transporte dans un long métrage, qui n’est autre qu’une lente poésie.

Le dernier chef d'oeuvre de Miyazaki. Intimiste et poétique.